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Restructurations, RSE et Gouvernance RH : un pari impossible

Un premier ouvrage de synthèse sur les restructurations, établi par la fondation de Dublin en 2006 le soulignait « Restructuring is at the root of a widespread sense of insecurity in Europe. ». Les restructurations sont vécues douloureusement, et ce que l’on appelle la ‘crise’ accentue le sentiment d’impuissance (mais qu’est-ce qu’une crise qui dure plus de 5 ans .. ?). Comment réagir, ou plutôt «anté-agir» pour l’avenir - en responsabilité sociale et sociétale ? La question parait d’emblée insoluble, ou antinomique.

 

Les restructurations, particulièrement en France ont mauvaise presse, et alors que le mouvement (mondial) s’intensifie, en nombre de restructurations, en passant quasiment un palier à chaque décennie depuis la fin des trente glorieuses, et cela dans quasiment tous les pays de l’OCDE (le nombre et l’intensité des restructurations des années 90 étaient très supérieurs à ceux des années 80 , le début de la crise de l’Etat Providence– cf. étude précise réalisée au Canada par une grande banque -, et le nombre et l’intensité des restructurations des années 2000 et plus encore des années ‘crise et post crise’ des années 2010, ont été idem bien supérieurs aux décennies antérieures..), dans les perceptions communes, les appréciations du phénomène continuent de se contraster en noir et blanc : en blanc pour la sphère financière, censée se réjouir, sur le court terme, des cures d’amaigrissement et de compétitivité, et de ce qui en découle en tant que perspectives puis résultats financiers, en noir pour les salariés et territoires, qui «subissent» les restructurations, dans les rôles-titres de ‘victimes’, ceux qui sont liquidés, de « rescapés et survivants », ceux qui survivent, « exécuteurs » , les DRH et staffs qui procèdent aux ajustements, PSE et licenciements, « terres brûlées » les territoires et régions qui subissent les conséquences. Chaque type d’acteurs se trouvant dans les analyses souvent cantonnés à un (seul) jeu de rôle, et à quelques types de positions possibles : évitement, tentatives de blocage ou de freins, ou, une fois le désastre arrivé, compensation curative « Les acteurs socio-économiques tendent, pour des raisons différentes, à en limiter les conséquences sociales. Les salariés, premiers concernés, et leurs représentants souhaitent ne plus subir mais agir. Les employeurs cherchent globalement à atteindre la paix sociale ou du moins à préserver leur activité et leur image tout en concentrant les moyens mis à disposition des services de ressources humaines dans un but stratégique, voire de stratégie sociale, ou bien de seul « règlement » des problèmes sociaux. Les acteurs publics (collectivités locales ou représentants de l’état) intègrent la vie des entreprises dans les enjeux de la politique économique et sociale. ».

La réalité est douloureuse, et aller au-delà pour préparer l’avenir suppose sans doute d’exposer douloureusement cette douleur ou cette révolte devant les conséquences sociales et humaines.

De facto, les restructurations sont le plus souvent analysées, en matière sociale, dans leurs répercussions et impacts, a posteriori, donnant lieu notamment à interrogations et mises en cause sous forme d’anathèmes, voire d’excommunication, dans les medias d’opinion, mais aussi dans les études des sociologues : France Culture, avril 2013 « contre l’accélération des restructurations d’entreprises ? » reprenant certains titre du dossier d’avril 2013 de l’IRES « Affronter les restructurations d’entreprise en Europe»... Et certes, lorsque l’on considère et mesure tous les impacts négatifs, humains, sociaux, territoriaux, et les réactions en chaine sur les tissus économiques et territoriaux, on ne saurait lier positivement restructurations et RSE, sans risquer l’anathème, et le blasphème.

Dans l’océan de la mondialisation, le mouvement parait pourtant inéluctable, et aujourd’hui en intensification accélérée, intimement lié aux mouvements internationaux des marchés, marchés financiers et marchés commerciaux, marchés d’approvisionnement et de main d’œuvre, touchant désormais aussi bien les secteurs publics que privés, non-marchands et marchands.Comment ne pas se cantonner à la déploraison, qui fut celle des 7 plaies d’Egypte ou du récit miroir de Séceph l’Hispéen : « Qui vient ici, sinon le désarroi, en des parties de villes, et en des villes maudites où le délaissement se renvoie, et se verse en soi, et quelque part, du fond des affres qui répand ses sons éraillés pour submerger la mer de telles pluies aigres et déploraisons sans espoir... » 

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Auteurs : Anne Marie de VAIVRE, Christian GOUX & Jacques BOUVET

Nombre de pages : 12
Format : PDF - 1,6 Mo
Université d'Eté de l'IAS - Mons : 2013

 


L'un des auteurs de l'article est membre d'une formation de Référence RHChristian GOUX

Master MRH

Master Management des Ressources Humaines de Lille

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